Canadian Sports Betting Sites Logo

strategy

Les gains de paris sont-ils imposables au Canada ?

Les gains de paris sportifs sont-ils imposables au Canada ? Généralement non pour le parieur récréatif. Découvrez les règles de l'ARC et les rares exceptions.

Camille Tremblay — Rédactrice en chef

Rédigé par Camille Tremblay

Rédactrice en chef · Comparaison des cotes & stratégie de paris

Mis à jour : 01 juillet 2026 · 5 min de lecture

Au Canada, la fiscalité des paris sportifs déroute beaucoup de parieurs habitués aux règles américaines, où l’IRS prélève sa part sur chaque gain important. La bonne nouvelle : pour la grande majorité des parieurs canadiens, les gains ne sont pas imposables. Voici pourquoi, et dans quels cas rares l’Agence du revenu du Canada (ARC) pourrait avoir son mot à dire.

Cet article est fourni à titre informatif seulement et ne constitue pas un conseil fiscal. Pour votre situation personnelle, consultez un comptable ou fiscaliste agréé, ou les publications officielles de l’ARC.

La réponse courte

  • Pour le parieur récréatif : généralement NON. Les gains issus de loteries, de casinos, de paris sportifs (y compris le pari sur un seul match, légal depuis août 2021) et du poker joué pour le plaisir sont traités comme un gain fortuit (« windfall ») — et non comme un revenu. Ils ne sont pas imposables.
  • Pour le parieur professionnel : potentiellement OUI. Si l’activité de jeu atteint le niveau d’une entreprise commerciale, les gains peuvent être imposés comme un revenu d’entreprise (et les pertes deviennent alors déductibles).

Pourquoi les gains récréatifs échappent à l’impôt

Le Canada n’a aucune « taxe sur les gains de jeu » dédiée. La question de l’imposition dépend plutôt de savoir si les gains constituent un revenu « tirant d’une source » au sens de l’article 3 de la Loi de l’impôt sur le revenu.

  • Un gain de loterie ou un pari chanceux n’est pas considéré comme un revenu tiré d’une source : c’est un gain fortuit.
  • Le raisonnement classique : un pari ou une loterie repose sur le hasard, donc le gain relève de la chance plutôt que du fruit d’un effort productif et organisé.
  • Ce principe s’applique aux loteries, jeux de casino, machines à sous, bingo, tirages et paris sportifs occasionnels, que vous jouiez sur la LNH, la NFL, la NBA, la MLB, le soccer, la LCF ou l’UFC.

Autrement dit, si vous placez un pari sur le Canadien de Montréal ou sur les Blue Jays le week-end pour le plaisir, votre gain vous appartient en entier.

Ce que vous devez tout de même déclarer

Le gain lui-même est exonéré, mais certaines situations connexes restent imposables :

  • Les intérêts et revenus de placement générés par vos gains. Si vous gagnez une grosse somme et l’investissez, les intérêts, dividendes ou gains en capital produits par cet argent sont imposables — même si le prix initial ne l’était pas.
  • Les « prix » liés à un emploi ou à une entreprise qui sont en réalité une forme de rémunération déguisée.
  • Les gains réalisés aux États-Unis. L’IRS retient généralement environ 30 % sur de nombreux gains de jeu pour les non-résidents. Grâce à la convention fiscale Canada–États-Unis, les Canadiens peuvent souvent réclamer un remboursement en déduisant leurs pertes de jeu américaines de leurs gains américains, via une déclaration américaine (formulaire 1040-NR, avec un numéro ITIN). D’où l’importance de conserver vos relevés si vous jouez à Las Vegas.

La zone grise : le parieur professionnel

C’est ici que ça se complique. L’ARC et les tribunaux examinent si l’activité est menée avec une attente raisonnable de profit et de manière suffisamment commerciale et organisée. Les facteurs pris en compte :

  • Le degré d’habileté par rapport au hasard (le poker et le pari sportif comportent plus de compétence que les machines à sous ou la loterie).
  • Une approche systématique et organisée : tenue de registres, gestion de bankroll, stratégie documentée.
  • La fréquence et le volume des mises, et si le jeu constitue le principal gagne-pain.
  • L’intention de profit et la dépendance financière à cette activité.

La jurisprudence à connaître

  • Luprypa c. La Reine — un joueur de billard qui gagnait de l’argent dans des parties d’habileté contre des adversaires intoxiqués a été jugé comme exploitant une entreprise (gains imposables). L’habileté combinée à une approche systématique a fait pencher la balance.
  • Leblanc c. La Reine — deux frères ayant gagné d’importantes sommes sur des loteries sportives (Pro-Line / Sport Select) ont été jugés non imposables. Malgré un volume de jeu très élevé, leur activité a été considérée comme un jeu de hasard de type loterie, sans système organisé réduisant réellement l’élément de chance. Le tribunal a fixé une barre très haute pour qualifier un parieur d’entreprise.
  • Cohen c. La Reine et d’autres décisions ont renforcé l’idée que même les joueurs fréquents et sérieux ne sont généralement pas imposés, sauf véritable habileté et système commercial.

Le constat pratique : l’ARC réussit rarement à imposer les parieurs. C’est aussi une arme à double tranchant : si vos gains deviennent imposables, vos pertes deviennent déductibles — or, la plupart des joueurs perdent sur le long terme, ce qui laisse peu d’intérêt à l’ARC de poursuivre.

Et les paris sportifs depuis la légalisation ?

Depuis l’entrée en vigueur du projet de loi C-218 (août 2021), le pari sur un seul match est légal, et les plateformes réglementées — opérateurs provinciaux ainsi que le marché encadré de l’Ontario (AGCO + iGaming Ontario depuis avril 2022) — opèrent en toute légalité.

Point crucial : le traitement fiscal n’a pas changé. Les gains du parieur récréatif restent un gain fortuit non imposable, et l’analyse professionnel-vs-récréatif décrite ci-dessus continue de s’appliquer. Que vous pariiez via un opérateur ontarien ou un opérateur provincial ailleurs au Canada, la logique demeure identique.

Conseils pratiques

  • Parieur récréatif : aucune obligation de déclarer vos gains. Déclarez toutefois les revenus de placement générés par cet argent.
  • Gros gain aux États-Unis : conservez systématiquement vos relevés de pertes pour pouvoir réclamer un remboursement partiel de la retenue de 30 %.
  • Tenue de registres : si votre activité devient intense et systématique, documentez tout — cela vous servira dans un sens comme dans l’autre.
  • Choix de plateforme : privilégiez les opérateurs légaux et réglementés. Consultez nos meilleurs sites de paris et notre comparatif des méthodes de paiement pour retirer vos gains rapidement via Interac en CAD.

Pour approfondir vos connaissances avant de placer vos prochaines mises, explorez nos guides de paris sportifs. En résumé : profitez de vos gains l’esprit tranquille — pour l’écrasante majorité des parieurs canadiens, ils sont entièrement à vous.

Questions fréquentes

Dois-je payer de l'impôt sur mes gains de paris sportifs au Canada ?+

Non, dans la grande majorité des cas. Pour le parieur récréatif, les gains de paris sportifs, de loterie, de casino et de poker joué pour le plaisir sont considérés par l'ARC comme un gain fortuit (windfall) et ne sont pas imposables. Le Canada n'a pas de taxe dédiée sur les gains de jeu.

Quand les gains de jeu deviennent-ils imposables au Canada ?+

Les gains peuvent être imposés comme un revenu d'entreprise si votre activité de jeu atteint le niveau d'une entreprise commerciale : approche systématique, organisée, avec une attente raisonnable de profit et un fort degré d'habileté. C'est surtout pertinent pour les parieurs et joueurs de poker professionnels. Dans ce cas, les pertes deviennent aussi déductibles.

Dois-je déclarer quoi que ce soit à l'ARC après avoir gagné ?+

Le gain lui-même n'a pas à être déclaré. En revanche, si vous investissez cet argent, les intérêts, dividendes ou gains en capital générés sont imposables et doivent être déclarés dans votre déclaration de revenus annuelle.

Et si je gagne aux États-Unis, à Las Vegas par exemple ?+

L'IRS retient généralement environ 30 % sur les gains de jeu des non-résidents. Grâce à la convention fiscale Canada–États-Unis, vous pouvez souvent réclamer un remboursement en déduisant vos pertes de jeu américaines via une déclaration américaine (formulaire 1040-NR avec un ITIN). Conservez tous vos relevés.